Le ravito LCHF, une révolution ?
*LCHF = low carb high fat.
Pauvre en glucides, riche en graisses
Ecœurement du sucré, peur du sucre ou de l’hypoglycémie réactionnelle… La tendance sur ultra, et sur endurance tout court, c’est le gras.
Popularisé notamment par une marque désormais assez connue, le ravitaillement riche en graisses permettrait une énergie « longue durée » à en croire les packagings.
Beurres de noix et purées ou barres à base d’oléagineux fleurissent sur le marché.
Mais… bonne ou mauvaise idée ?
Pas trop de suspense : plutôt mauvaise idée.
Le risque à l’effort, c’est la pénurie de glucides.
Même les athlètes les plus secs ont quelques milliers de calories stockées sous forme de graisse.
De plus, les lipides sont des nutriments qui ralentissent la vidange gastrique, ce qui induit un risque de troubles digestifs hauts (nausées, vomissements).
Sur le plan intestinal, ils demandent un effort de digestion important, de par leur taille et les voies métaboliques utilisées.
Or, pendant un effort, le système digestif n’est pas irrigué. On parle d’ischémie mésentérique.
Plus l’effort est intense ou prolongé, plus les produits consommés doivent être digestes.
« Mais j’aime bien !«
Il ne faut pas confondre envies et besoins lors d’un passage sur les ravitaillements !
Trouver des alternatives quand les produits sucrés ne passent plus est une excellente chose à faire, mais il ne faut pas se tirer une balle dans le pied non plus. Il existe des aliments avec un goût peu/pas sucré qui sont bas en lipides.
Se faire plaisir, c’est important aussi, surtout sur ultra, mais attention aux quantités.
En pratique
Sur du court, on bannit les lipides et on privilégie le liquide.
Sur des distances plus longues, on choisit des produits faibles en lipides. La plupart des barres énergétiques en
contiennent toujours au moins quelques grammes.
Et pour ceux qui ont l’habitude des pâtes d’amande, les pâtes d’amandes pour sportif avec pas tant que ça d’amandes (comme les Gerblé) contiennent 13% de lipides. Pourquoi pas.
Même sur de l’ultra distance, je déconseille d’aller au-delà de 15-20% de lipides sur les produits consommés régulièrement.
Des exceptions ponctuelles en petites quantités sont possibles seulement si tolérance digestive, et pour le plaisir non pour la performance.
Pendant les entraînements c’est pareil : à très basse intensité la capacité digestive est moins limitée, on peut un peu plus se faire plaisir, mais l’objectif n’est pas vraiment d’apporter de l’énergie utilisable immédiatement.
Et la diète cétogène ?
Tout d’abord elle ne montre nulle part un potentiel égal à la nutrition classique, à l’exception de l’ultra distance mais encore faut-il que les athlètes y soient réceptifs (ça ne réussit pas à tout le monde) et choisissent d’appliquer toute l’année ce régime alimentaire pouvant être excluant socialement et déséquilibré, qui manque de recul scientifique sur du long terme.
Ceux qui le ventent sont les rares à en être satisfaits et les arguments scientifiques donnés sont très souvent
incorrects.
Ensuite, le concept même de l’alimentation cétogène, c’est de ne pas être dépendant de nourriture pendant l’effort, avec très souvent des idéaux d’alimentation brute, peu transformée.
Dans une interview, on peut voir Tim Olson manger des avocats assis sur un rocher.
Le ravitaillement est donc généralement minimaliste.
Dans les équipes cyclistes, les boissons à base de cétones et d’acides aminés se sont démocratisées pour leur métabolisme plus efficace.
Résumé
Les noisettes et les noix de cajou c’est très bon pour la santé, mais peu recommandé pendant un effort intense ou prolongé.
En petites quantités pour le plaisir oui, mais il faut rester honnête sur les allégations et le but d’utilisation. Et faire attention à sa digestion.
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